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Le point de vue

  • Plaisir hélico au Brésil

    Quand je dis à quelqu'un que je reviens d'un voyage au Brésil, il s'attend en général à ce que je lui parle de Rio de Janeiro ou des filles en bikini sur les plages bondées. J'aurais pourtant du mal à décrire cet aspect du pays, car mon voyage était à des années-lumière de celui-ci. Mon périple m'a en effet amené sur la côte sud du Brésil, pour explorer Mata Atlântica : un des écosystèmes les plus fascinants de la planète. Car le Brésil ne se résume pas à ses grandes villes et à son carnaval. La Mata Atlântica (forêt atlantique) couvre pas moins de 13 % de la superficie du pays : c'est la deuxième forêt pluviale d’Amérique du Sud et la troisième région biologique du Brésil. Riche d’espèces rares et exotiques, elle est un paradis pour les amoureux de la nature. Cette forêt a dramatiquement diminué ne représentant plus que 7 % de ce qu’elle a été. Mais ce qui reste est tout de même vibrant, varié et inoubliable. Imaginez donc. Une bande de près de 2 500 km de long et de 50 à 100 km de large, constitue le deuxième écosystème de forêt pluviale le plus menacé du monde. Adossée à la haute et ancienne chaîne de Serra do Mar (2 000 m), cette zone de forêt a eu à la fois l’altitude et la latitude pour qu’une faune et une flore riches et variées se développent depuis sa séparation de l’Amazonie. La Mata Atlântica abrite pas moins de 261 espèces de mammifères, alors que l’Amazonie (cinq fois plus grande) en a 353 ! Non seulement ses espèces sont plus nombreuses, mais elles sont également plus rares : tout ce qu'on peut voir dans la Mata Atlântica, on a de grandes chances de ne jamais le revoir ailleurs. C’est vrai pour 6 000 des 20 000 espèces de plantes, pour 73 des 620 variétés d’oiseaux et pour presque les 280 types de grenouilles qu'on y trouve. On peut également y admirer notamment le tamarin-lion doré, un singe minuscule (qui a suscité de grands efforts de protection au Brésil mais aussi dans d’autres pays), le paresseux brésilien, le toucan à ventre rouge et nombre d’oiseaux dont des perroquets comme l’amazone à joues bleues, le crick à ventre bleu et l’amazone vineuse. Le Brésil compte 200 zones protégées le long de la Forêt côtière atlantique. En 1999, l’Unesco a inscrit 33 régions sur la liste du Patrimoine mondial. Et, enfin, on y compte 50 réserves privées. Ces efforts conjugués assurent la conservation de 4 millions d‘hectares. Si vous visitez cet endroit superbe, je vous invite à le faire de deux manières : à pied, pour observer de près les espèces ; et lors d'un vol en hélicoptère, pour apprécier l'immensité du lieu. J'ai eu l'occasion de tester les deux expériences, et les deux m'ont énormément plu. A lire sur le site de ce de baptême en hélicoptère.

  • Célébration de la startup, triomphe des plateformes

    La victoire sans conteste de la “startupisation” est d’autant plus étrange et paradoxale que les beaux jours de cette forme d’innovation semblent en partie derrière elle. On n’a jamais autant célébré la startup, à l’heure du triomphe des plateformes (les Googles, Apple, Facebook et Amazon). En pointant la fin de l’ère des startups, le site Techcrunch explique combien toutes les grandes métropoles rêvent de devenir la nouvelle Silicon Valley, alors que les startups « ont bien plus de chance de finir par travailler pour Mark Zuckerberg que de suivre ses pas ». Nous sommes entrés dans l’ère des plateformes, où les startups n’ont plus leur place. Les technologies de pointe sont plus compliquées, plus chères et les entreprises ont besoin de plus de croissance et de capital pour réussir, sans être toujours assurées d’y parvenir, comme le montre le cas Uber, désespérément non rentable à ce jour. La prochaine vague technologique n’est plus accessible aux jeunes pousses : l’intelligence artificielle notamment a plus que jamais besoin de données, et c’est l’affaire des plus grosses entreprises. Le matériel est difficile à prototyper, rapporte peu et est cher à pousser sur les marchés. Les voitures autonomes sont encore bien plus inaccessibles. À mesure que les titans technologiques accumulent de la puissance, les startups ont de plus en plus de mal à rivaliser. En France, les startups semblent aujourd’hui être les structures qui embauchent. Soutenir les startups, c’est donc pour beaucoup soutenir le développement économique et donc l’emploi. Même si les chiffres peinent à réaliser ces espérances. Par ailleurs, on parle trop peu des chiffres de l’innovation sociale et solidaire, qui sont bien plus stimulants que ceux de l’innovation numérique : l’ESS représente 10,5 % du PIB de la France, 220 000 établissements, 2,4 millions de salariés sans compter les 730 000 structures associatives, leurs 23 millions d’adhérents, 16 millions de bénévoles, 21 000 coopératives… L’emploi y a crû de 23 % au cours des 10 dernières années. Comparativement, les startups dont on parle tant ont des résultats plus modestes. On dénombre environ 10 000 startups en France (dont un tiers en Ile-de-France), soutenues par quelques 284 structures (incubateurs, accélérateurs, etc.). Quant au nombre d’emplois qu’elles génèrent, les sondages parlent de quelques milliers par an. Bien moins que le secteur du numérique dans son entier en tout cas, qui est loin d’être composé uniquement de startups. Aujourd’hui, le modèle dominant de la startup écrase tous les autres modèles, notamment les modèles imparfaits, ceux qui tâtonnent, ceux qui avancent sans méthode préétablie. Si globalement nous sommes passés du rêve d’un internet émancipateur à la réalité du digital labor, dans le domaine de l’innovation nous sommes passés du rêve d’une innovation libre et sans contrainte, à des méthodes obligées pour produire de l’innovation en série. Qu’importe si elles ne produisent pas vraiment de valeur ajoutée, ou si elles ne répondent pas vraiment à de grands problèmes. L’important est qu’elles produisent vite des résultats. Qu’elles soient agiles. Qu’elles pivotent. Qu’elles utilisent des méthodes dites efficaces. Qu’importe si elles ne produisent pas mieux ni plus d’innovation. Qu’importe si elles ne produisent pas de sens.

  • Les pôles et les réseaux de recherche de l’Eurosystème/du SEBC

    Dans le souci d’améliorer encore la collaboration entre les chercheurs du SEBC, les responsables des départements de recherche du SEBC ont décidé de lancer trois nouveaux pôles de recherche dans le courant de 2017. Ces pôles ont pour but de coordonner les efforts de recherche dans des domaines hautement prioritaires par la tenue régulière d’ateliers et la mise sur pied de projets conjoints en matière de recherche. Au cours de l’année, chaque pôle a tenu un atelier inaugural réunissant des chercheurs issus de différentes banques centrales du SEBC ainsi que des experts extérieurs. Deux réseaux de recherche de l’Eurosystème/du SEBC ont engrangé des progrès significatifs dans le courant de 2017. Le Wage Dynamics Network (WDN) a bouclé la troisième vague de son enquête couvrant plus de 25 000 entreprises issues de 25 pays de l’UE. La troisième vague examine le comportement des entreprises en matière de coût et de fixation des prix ainsi que l’incidence des différentes réformes structurelles visant un ajustement du marché du travail qui ont été mises en place entre 2010 et 2013. L’une des conclusions principales de cette nouvelle enquête tient en ce que les réformes majeures du marché du travail instaurées dans les pays qui ont été sévèrement touchés par la crise ont effectivement facilité l’ajustement du marché du travail. Le réseau sur le patrimoine et la consommation des ménages (Household Finance and Consumption Network, HFCN) coordonne la production de l’enquête sur le patrimoine et la consommation des ménages (Household Finance and Consumption Survey). Dans la foulée de la publication des résultats de la deuxième vague de l’enquête fin 2016, la recherche menée au titre du HFCN a, entre autres choses, examiné le rôle de l’hétérogénéité des ménages dans la transmission de la politique monétaire et sur la stabilité financière. À titre d’exemple, les chercheurs du HFCN ont estimé l’effet du récent programme d’achats d’actifs (asset purchase programme, APP) de la BCE sur les inégalités de revenus et de richesse. L’une des conclusions essentielles est que les mesures prises au titre de l’APP n’influencent que modestement l’inégalité de richesse, mais atténuent l’inégalité de revenus en réduisant les taux de chômage parmi les ménages à faibles revenus.